Comme partout, à la plage il y a des gens heureux mais aussi des grincheux. Catherine, du blog Je vais bien tout va bien, en a rencontré un qu'elle décrit dans un billet plein d'humour!

Crédit pour toutes les photos = Catherine

Crédit pour toutes les photos = Catherine

J’ai rencontré mon spécimen le 22 juillet.

En milieu de journée, je promène Isséo le chiot. Le tout petit homme m'accompagne. Nous voilà tous les trois sur la cale de la S.N.S.M., les pieds et pattes dans l'eau fraiche de la marée montante. Ô joie. Ô plaisir simple et si bon à la fois !

Un homme s'approche. Un bidon dans chaque main. Et un autre bidon devant lui, sacrément volumineux, saucissonné serré dans la ceinture de son petit short beige. Nous lui souhaitons le bonjour, car le gros bidon ne semble pas disposé à formuler le premier la plus petite marque de politesse. Il se penche et entreprend de remplir ses récipients de plastique à côté de moi. Puisqu'il est peu ouvert à l'échange, je reprends de mon côté les activités interrompues. J'appelle Isséo, encore ruisselant du dernier bain. Inutile d'en faire des caisses : Isséo aime l'eau. Le voilà accourant, galopant, développant ses quatre papattes bien larges, shootant dans ses longues oreilles à chaque foulée (Pardon ?... C'est un cocker oui...). Il nage maintenant insouciant, tout à son bonheur, entre le gros bidon, le tout petit homme et moi.

Le goujat de la plage - La petite découverte de Catherine

"Non mais franchement, vous pouvez pas aller faire nager votre chien ailleurs ?!"

Gros coup de frein rabat-joie. Je suis comme sonnée. Je viens de me prendre le cadre de la scène de liesse familiale dans les gencives. Le gros bidon a parlé. Il est mécontent. Je ne comprends pas ce qui me vaut son agacement et le lui signifie gentiment.

"On n'a pas idée ! Je viens chercher de l'eau et votre chien me saute dessus.

- Il ne vous a pas sauté dessus. Mais quel est le problème exactement, je ne vous comprends pas?

- Ca non, vous ne comprenez pas grand chose..."

Le goujat de la plage - La petite découverte de Catherine

Avant, je lui aurais tout bonnement pourri sa sale BiiiiiP ! de gros BiiiiiiiiiiiiP ! de BiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiP ! Je l'aurais noyé profond sous un flot d'injures fort grossières et je me serais régalée de la décomposition de sa grosse tête bouffie prenant l'eau. Je lui aurais fait bouffer sa panse jusqu'à ce qu'il en pète par tous les trous et tous les pores et je l'aurais fini à coup de tong.

Mais ça, c'était avant *.

Le goujat de la plage - La petite découverte de Catherine

Ce matin, j'ai posé un vaste mouchoir sur ses petites phrases assassines. J'ai cherché à comprendre le gros bidon courroucé. J'ai fini par saisir qu'Isséo "souillait" l'eau de mer pure qu'il était venu quérir ici, pour rincer les coquillages pêchés le matin. Incroyable. Il y avait devant lui en flottaison des algues à foison, des brindilles en abondance, des plumes de goélands et autres volatiles marins par dizaines, et ce crétin faisait une fixette sur mon toutou tout-propre-tout-net, rincé quotidiennement à l'eau douce après chaque bain dans l'Atlantique. J'ai été très tentée de révéler au gros bidon que je venais d'uriner copieusement, précisément à l'endroit où il emplissait ses jerricans. J'ai gardé ce savoureux secret pour moi et lui ai très hypocritement recommandé un autre endroit, éloigné de l'entrée du port, sans doute plus épargné par la pollution des moteurs de bateaux. Le gros bidon a ronchonné qu'ici c'était très bien, a fait volte face avec ses bidons pleins et alors qu'il remontait la pente douce de la cale, je lui ai souhaité une très bonne journée.

Ce que j'ai changé quand même... :) :) :) :) :)

* NDB - Note de Bibi :

"Avant", c'était avant de tomber malade. Je suis atteinte d'un cancer du sein métastatique. Le genre qui récidive un peu partout et qui finira par m'avoir un jour plus ou moins proche, mais le moral lui, n'est plus attaqué. Je vais bien. Très bien même. Je mène une existence heureuse, débarrassée de ce qui encombre. Même les GOUJATS DE L’ETE sont devenus une source de rigolade !
Le goujat de la plage - La petite découverte de Catherine

Un grand merci à Catherine pour ce billet, qui m'a permis de faire sa connaissance (virtuelle)!

N'hésitez pas à aller lire ses réflexions sur la maladie...et le reste! sur le blog Je vais bien tout va bien!

N'oubliez pas également de participer à mon Concours de l'été, il y a 3 Livres de Poche à gagner!
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L
Belle histoire, et courage pour la suite.
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C
Merci La blogueuse.

La suite disponible sur mon blog ;) où la vie est belle et bien remplie !
A bientôt.
A
Très belle histoire, bon courage à toi
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C
Merci Anthony.

D'autres histoires belles sur mon blog !
Mais peut-être m'as tu déjà rendu visite.

Pour ce qui est du courage, ça tombe bien : j'ai ça en magasin :)
D
Un bien beau billet. qui plus ait raconter avec finesse dans un texte très fluide. J'apprécie aussi la réaction vraiment zen de Catherine et sa petite confession qui va droit au cœur parce que finalement des gens comme ça, avec cette douceur de vie (et même si c'est le cancer qui l'a fait changé) ça manque trop souvent dans ce petit monde étriqué.

Il y a de grande chance que j’aille faire un petit tour sur son blog d'ici peu.
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C
Et je t'y attends avec plaisir Dresseur de Libellules !

Cela dit tu verras, tout n'est pas que douceur sur mon blog :)
C
Merci merci a tutti !

@ Lalydo, Lisbel, Valou et Marinou.

Je n'étais pas là hier pour lire pour vos commentaires. Coincée toute la journée par le vide grenier annuel du Croisic où j'exposais toute la journée. Ce matin, j'émerge comme flapi le lapin du manège enchanté : vaporeuse ! Et douloureuse. Sensation du pachyderme aérophagique qui s'est endormi sur mes os fragiles pour la nuit. Je paye ma journée debout sur la place Dinan parmi les exposants.
Mais la découverte ce matin de vos commentaires à toutes revigorent drôlement !
Merci du fond du coeur et bientôt pour d'autres aventures sur mon blog ou ailleurs.

http://je-vais-bien-tout-va-bien.over-blog.com/

Le dernier merci chaleureux à My Little Discoveries pour la Tribune.
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M
J'ai été ravie de vous accueillir ici Catherine, encore merci pour cet article!
Je vous souhaite beaucoup de courage et je pense bien à vous...
M
Avec ce billet, je suis passée du rire à beaucoup d'émotions ! quelle plume Catherine !
Bravo aussi pour ton courage et ta détermination.
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C
Merci Marinou.
A bientôt sans doute au fil d'autres lectures, d'autres découvertes, d'autres aventures !
V
Catherine, ton billet me faisait sourire, en imaginant la tête de ce gros bidon, et je me dis que la flopée d'injures aurait fini par sortir...et puis je lis la fin de ton billet, et ton courage m'a saisi. Je comprends mieux, d'un coup, comment tu as fais pour relativiser cette anecdote, et j'admire également ton courage !
belle leçon !
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C
Le flot d'injures méritait de sortir rien que pour la prose.
C'était vif et salé, comme l'air marin de ma Bretagne !
A bientôt Valou.
L
Avant de lire la petite note de Bibi, je pensais qu'avant, c'était avant d'avoir des enfants à qui on essaie d'inculquer la politesse ... en lisant la petite note, toute l'histoire prend une autre résonnance ...
Bises !
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C
De rien Lisbel.
Tu as raison : les pitchounes sont une 1ère belle occasion d'évoluer. Grâce aux petits hommes, je ne roule plus à tombeau ouvert sur l'autoroute, je ne plonge plus à des profondeurs déraisonnables... Je tiens à les accompagner le plus loin possible !
La maladie apprend un petit autre chose en plus quand on n'en est pas muni au départ : l'enthousiasme, la redécouverte des détails qui font d'un moment tout simple une tranche de vie inoubliable et la gratitude pour ça.
J'en parle pas mal dans mon blog, entre autres sujets.

Au plaisir de te RElire.
L
Joli billet qui prend encore plus de force lorsque l'on lit la petite note.
Bravo Catherine pour cette force et ce courage, je suis de tout coeur avec toi dans cette lutte!
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C
Merci pour les bonnes ondes Lalydo !
Je les sens jusqu'au bout de ma presqu'île !