Solidream: l'interview!

Publié dans Voyages - voyages...

La semaine dernière, je vous présentais le livre "Solidream", sorte de carnet de voyage de Brian, Morgan et Siphay, qui durant trois ans ont parcouru le monde à vélo. Aujourd'hui, place à l'interview!

De bas en haut: le grand départ - Sur la route - Photo de groupe près de l'arrivée
De bas en haut: le grand départ - Sur la route - Photo de groupe près de l'arrivée

De bas en haut: le grand départ - Sur la route - Photo de groupe près de l'arrivée

1. On peut lire page 63 : « Brian se rappelle s’être demandé, avant d’arriver là : combien de temps cela prend-il d’apprécier la réalité d’un rêve qui n’est pas le sien? ». Brian, au bout de combien de temps t’es-tu approprié le rêve de Morgan et comment?

Brian : En fait, c’est vrai que je pensais que cela prendrait du temps et l’appréhension a été grande. Mais la réalité, c’est le présent. Et l’état d’esprit transporté par l’équipe m’a de suite fait apprécier les bons moments. La réalité est devenue collective – et par là même, je me la suis appropriée - à partir du moment où l’on décide de s’y impliquer, ce que j’ai fait de suite en planifiant le trajet dans le Sud Lipez bolivien.

2. Pourrais-tu décrire chaque continent traversé en un ou deux mots ?

Brian : - Amérique du Sud : chaleureuse, festive
- Amérique du Nord : contrastée, progressiste
- Océanie : généreuse, exigeante
- Asie : souriante
- Europe : historique, riche (culturellement)

3. Si c’était à refaire, est-ce que vous changeriez l’itinéraire ? Par exemple pour passer plus de temps en Afrique ou pour longer les côtes en Australie au lieu de passer au centre du pays ?

Siphay : Non, je ne souhaiterais aucunement changer l'itinéraire. Car celui que nous avons tracé nous a permis de voir le monde comme nous le faisons aujourd'hui. Même dans les déserts, j'ai trouvé des choses intéressantes. Les gens rencontrés dans ces régions y vivent différemment. À Alice Springs, par exemple, dans le désert australien, cela peut aider à prendre du recul quand on observe le triste comportement de certains qui se sentent perdus et sans but, parfois même noyés dans l'alcool. Bien sûr, il y a encore plein d'endroits que nous n'avons pas découverts, et qui nous attirent. Il a fallu accepter que nous ne puissions pas tout voir !

à partir du moment où j'ai décidé de m’y impliquer, ce que j’ai fait de suite en planifiant le trajet dans le Sud Lipez bolivien.

Australie - Kirghizistan
Australie - Kirghizistan

Australie - Kirghizistan

4. Vous avez voyagé à deux, à trois ou à quatre. Quels en sont les avantages et les inconvénients ? Vous souvenez-vous de moments de fatigue ou de ras-le-bol où le fait d’être en groupe vous a aidé?

Siphay : Quand vous avez un coup de mou, et que l'un de vos amis vous devance. Cela peut aider car vous pouvez vous motiver en pensant que s’il en est capable, vous aussi. Dans les moments d'incompréhension totale dus aux langues étrangères, alors que l'on désire demander une chose simple, il est utile de ne pas être seul, il y en a toujours un pour prendre la scène en dérision et se moquer d'un autre.
Nous avons principalement voyagé à trois, mais aussi à quatre pendant 10 mois. Nous avons beaucoup aimé cette dernière configuration, car l'ambiance était toujours très enjouée, malgré la perte de temps due à l’inertie de groupe. Mais nous pensons que le chiffre trois est un minimum, car cela aide à trancher pour les décisions quand le groupe n'est pas en totale harmonie.

5. A quels moments avez-vous le plus ressenti le danger ? Avez-vous parfois songé à écourter le voyage?

Morgan : S'il y a eu des moments de crainte lors de notre navigation dans les terribles mers du sud ou pendant les nuits au cœur de la jungle amazonienne par exemple, les plus grands dangers sont généralement venus de l'homme. Je me souviens encore de cet instant, au nord de l'Alaska, dans une région sauvage, où trois sifflements puissants, témoignant de balles de fusil rasant nos oreilles et terminant leur course dans des troncs d'arbres situés quelques mètres derrière nous, nous ont rappelé que la vie ne tient qu'à un fil... Après ça, nous nous sentions plus vivants que jamais.

6. J’ai été ravie de voir que vous aviez décidé de voyager sans téléphone. Pourquoi ce choix et qu’est-ce que ça vous a apporté ?

Morgan : C'est un choix qui s'est imposé tout seul. Nous n'avions pas besoin de téléphone étant donné que nous cherchions à faire des rencontres au jour le jour, au fil des kilomètres, sans jamais savoir où nous allions passer la prochaine nuit. Un téléphone, dans le cadre du voyage, pourrait être utile pour réserver un hôtel ou prévenir les gens de notre date d'arrivée. Mais dans notre cas, il n'y avait ni date d'arrivée, ni hôtel, ni quelconque réservation. Par contre, pour garder contact avec nos proches, nous pouvions compter sur internet que nous trouvions suffisamment régulièrement sur notre route.

Kirghizistan - Laos
Kirghizistan - Laos

Kirghizistan - Laos

7. Quelles sont les rencontres qui vous ont le plus marqué ?

Morgan : Il est difficile de valoriser une rencontre plus qu'une autre. Mais si je devais en citer une, je souhaiterais faire l'éloge de l'hospitalité des populations nomades d'Asie Centrale. En mai 2013, perdus dans les montagnes du Kirghizistan, nous avons été reçus par une communauté de paysans de quatre hommes, une femme et trois bambins. Ils nous ont nourris d'une soupe, réchauffés autour du poêle, appris à cueillir les racines comestibles dans la vallée et éclairés de leurs plus beaux sourires. Un tel moment de partage justifie toutes les difficultés endurées pour en arriver là.

8. Quelles langues parlez-vous ? On voit dans le livre que c’est en Chine que vous avez eu le plus de mal à communiquer : avez-vous des anecdotes à nous raconter par rapport à ça?

Morgan : Notre équipe parle anglais, espagnol et portugais. En Chine, il nous est arrivé plusieurs fois de payer notre repas, nous lever de table, sortir du restaurant pour revenir ensuite nous installer. C'était l'unique solution que nous avions trouvée pour réussir à leur faire comprendre que nous voulions une seconde tournée ! Avec 120 kilomètres par jour en moyenne, nous avions forcément un grand appétit.

9. Si vous deviez aller vivre dans un autre pays que la France, après avoir sillonné le globe, où iriez-vous et pourquoi?
Siphay : J'irais dans un pays chaud, mais surtout là où les gens ont le contact facile et où l'entraide est une règle tacite de la société. Je n'ai pas encore réussi à choisir un pays en particulier, car il y a toujours des défauts et des avantages dans chaque territoire. Peut-être que je n'ai pas encore découvert la destination, ou que plusieurs correspondent à mes attentes.

Sénégal - Guatemala
Sénégal - Guatemala

Sénégal - Guatemala

10. Que faites-vous depuis votre retour l’été dernier ? Je sais que vous travaillez sur un film racontant votre voyage. Pouvez-vous m’en dire plus ?

Brian : Nous apprécions la vie avec le nouvel œil que ce voyage nous a façonné. Le film est un moyen de partager notre expérience et de donner envie aux gens d’aller au bout de leur conviction, de leur rêve, et de ne pas sombrer dans le confort de la sécurité. Nous ne sommes qu’un exemple de ce courant, mais nous pensons qu’en partageant il parlera plus. Paradoxalement, c’est un moyen de nous remettre aussi dans les rails de notre société.

11. Mis à part vos proches, qu’est-ce qui vous a le plus manqué pendant votre voyage ? Et si rien ne vous a manqué, qu’est-ce que vous étiez le plus heureux de retrouver en rentrant ?

Brian : Ce qui manque le plus dans le voyage en équipe, c’est un espace privé. Il faut se rendre compte que nous avons vécu dans la promiscuité constante pendant plusieurs années. Au retour, il est bon de retrouver un cocon, un endroit où se retrouver seul pour méditer et penser simplement à soi-même. Pour être honnête, maintenant de retour, j’apprécie beaucoup la cuisine française !

12. Prévoyez-vous de repartir ?
Siphay : Plusieurs idées nous traversent l'esprit, mais rien ne se concrétise encore. En plus des quelques interventions que nous faisons pour partager notre histoire, nous consacrons toute notre énergie à la réalisation du long métrage qui va suivre le livre, et nous avons besoin de plusieurs mois encore pour optimiser sa qualité et atteindre nos ambitions. Il est plutôt temps de profiter des choses qui nous manquaient, comme nos proches, la stabilité. De plus, le confort ne fait pas de mal non plus en attendant les prochaines aventures.

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(toutes les photos de cet article proviennent du site internet solidream.net)

Radeau sur la Yukon River - Arrivée à Port-Camargue: champagne!
Radeau sur la Yukon River - Arrivée à Port-Camargue: champagne!

Radeau sur la Yukon River - Arrivée à Port-Camargue: champagne!

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Un grand merci à Brian, Morgan et Siphay d'avoir accepté de répondre à mes questions! 

Et vivement le film! ;)

Commenter cet article

Christelle 01/05/2014 16:33

Bonjour! J'avais déjà lu plusieurs articles sur cette aventure hors du commun, mais lire votre interview vient de m'aider à sauter le pas! Je viens de commander leur livre, il me tarde déjà de le recevoir! Merci pour votre blog que je consulte très régulièrement, vous êtes un plaisir à lire. Un grand merci!

My Little Discoveries 04/05/2014 19:50

Bonjour Christelle, et merci beaucoup pour votre commentaire qui me touche beaucoup! N'hésitez pas à réagir et à me dire ce que vous penserez du livre Solidream, je serai ravie d'échanger avec vous! En tout cas j'espère que le livre vous plaira, à bientôt! ;)

christelle 24/04/2014 08:56

Il me tarde de lire le livre !!!
... et décidément j'adore la première photo !

My Little Discoveries 26/04/2014 23:58

Ce sera bientôt ton tour! Et moi aussi j'aime beaucoup la photo de groupe sur le canapé ;)

lalydo 23/04/2014 19:36

Très belle interview! Et les photos sont à tomber, merci pour le voyage par procuration! ;)
Gros bisous!

My Little Discoveries 23/04/2014 21:00

De rien Lalydo, je suis contente que ça te plaise! ;)
Bonne soirée et gros bisous!

Justine @saut parachute 23/04/2014 14:21

Je viens de finir de lire ce récit, ces gens sont vraiment des inspirations...ca a du être une super expérience. J'adore voyager , les sports extrêmes et je rêve à mon tour de faire un tour du monde... la seule chose qu'il me manque c'est les fonds!

My Little Discoveries 23/04/2014 20:59

Oui, ils nous montrent qu'on peut aller au bout de ses rêves si on s'en donne les moyens!
Ils font pas mal de conférences et de salons un peu partout en France, peut-être qu'ils viendront près de chez toi! ;)